Hép croqueuse d’hommes !

23 04 2008

L’effet de l’éther commence à s’atténuer. Peu à peu, il ouvre les yeux, pieds et poings ligotés sur une chaise. Sasha est en face de lui, elle sourie niaisement, le regard dans le vague. Il y a une lueur jaune au fond de ses yeux. Comme à chaque fois. Elle lui détache les mains et lui sert une piscine de champagne, sa boisson préférée. L’homme est tétanisé, il ne comprend pas. Elle lui fait signe de la tête. Il prend donc la coupe et la boit d’un trait. Elle le rattache et s’éloigne. Dans la pénombre, le prisonnier arrive à deviner… Sasha lèche quelque chose, quelque chose de luisant. La lame d’un couteau. Elle raffole du goût du sang coagulé. Elle se redirige vers sa proie. Lentement, ses mains remonte le long de sa robe en soie sauvage et laissent entrevoir son sexe parfaitement épilé. Elle chevauche son prince charmant. Il y avait du viagra dans le champagne. Elle s’empale sur ce corps offert et le viol avec douceur. Une fois qu’elle a jouit, elle se retire. Sa tête tourne, c’était bon. Le type commence à se décontracter, il croit que ça n’est qu’un jeu. En effet c’en est un. Mais celui de Sasha uniquement. Et c’est elle qui en fixe les règles. Après la jouissance, la souffrance. Elle s’empare d’un scalpel et s’occupe de lui. Comme sur une poupée, elle lui dessine les traces du moule sur le plastique. Le long des côtes, à l’arrière des jambes, à droite et à gauche du cou, le long des bras. La peau craque sous la lame aiguisée. La chair s’ouvre timidement, comme un bourgeon qui éclot. Le visage de la victime est congestionné de douleur. Sasha explose de rire, « vraiment rien dans le pantalon ces mecs ! », pense t-elle. Oui, parce que Sasha est muette-née. Elle continue donc son rituel, puis attrape une cuillère en argent. « Dommage, il avait un regard perçant. » Les globes oculaires roulent dans sa main. Ça la fait sourire. Elle les laissent tomber et les piétine avec ses talons Dior. Elle veut en finir vite parce que c’est bientôt l’heure du dîner. Elle terminera à la hache. Une main tombe, la suivante, un pied, le suivant. Les couilles aux ciseaux et l’affaire est close. Elle qui est tellement maniaque d’habitude ! « Je me rattraperais la prochaine fois », se convainc t-elle intérieurement.

« Tu t’es bien lavé les mains ? », demande son père. Elle fait signe que oui et se met à table.

Sasha est resplendissante après avoir tué quelqu’un. C’est son père qui lui a dit.


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