Chez Gaultier, sur la Croisette, les étiquettes affichent « – 40% » sur des manteaux représentant une année de R.M.I. Tout le monde n’a donc pas accès à ces ”folies” . Mais cela n’empêche pas les ”badaud”, peu habitués à dépenser ces sommes exorbitantes, de venir rêver devant ces chefs d’oeuvres de la haute couture. Trois questions à Jérôme, responsable de la boutique.La « folie » dont on parle souvent est-elle réelle ?
« Les deux premiers jours sont fulgurants puisque les clients ont un budget, mais comme nous ne faisons pas de démarques, l’effervescence est moindre. C’est pourquoi nous organisons des ventes privées pour les fidèles. Notre clientèle est surtout étrangère, elle veut la nouveauté et la rareté avant tout. La clientèle locale nous intéresse peu. »
Pensez-vous que les soldes d’hiver porterons leurs fruits ?
« La nouvelle collection vient d’arriver, je pense donc que la clientèle sera au rendez-vous. Mais nous n’avons pas compris le système des soldes en France : j’ai pu constater, en voyageant, que les clients se ”lachent” plus lorsque les remises atteignent les – 70%, voir – 80%. »
Les soldes sont-ils rentables pour vous ?
« Notre but n’est pas de gagner de l’argent, mais de liquider la marchandise. Les soldes attirent une clientèle peu habituée au luxe, qui n’est pas aimable et fait des réflexions sur les prix. On ne peut pas dire que l’accessibilité des tarifs fasse partie de la politique française. »
Propos recueillis par Joana AUCLAIR

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