Dreamgirls, réalisé par Bill Condon.
Avec Beyoncé Knowles, Jamie Foxx, Eddie Murphy.
Rien à dire. L’esthétisme est très soigné. Les maquillages, les costumes, les décors… Tout est magnifiquement ancré dans la mode des années 60 à 80. Quelques chansons passent, on sourit, c’est beau, c’est léger.
Puis, on s’aperçoit vite que cela ne va pas plus loin.Le scénario, creux, est censé retracer l’histoire du groupe The Supremes, essayant maladroitement de se raccrocher à quelques évènements historiques. Le film repose entièrement sur les intermèdes musicaux, d’une qualité médiocre, manquant de sens et d’innovation. Les personnages : une palette de stars, très crédible pour interpréter des protagonistes superficiels, peu fouillés. Un film à la gloire de Beyoncé, sous tous ses angles, effaçant ainsi les seconds rôles; et Jamie Foxx dans un rôle facile, décevant après sa performance mémorable dans Ray. Mais Eddie Murphy rehausse le niveau: il a su trouver une dimension réaliste à son personnage de crooner torturé, drogué.
Peu d’intérêt donc, à ce ”blockbuster” américain, si ce n’est de promouvoir ces ”apprentis-acteurs”. D’ailleurs, la transition acteur-chanteur est souvent moins ridicule (Moulin Rouge, Chicago) que celle du chanteur-acteur (Glitter, Crossroads).
Au bout de deux heures on espère la fin, chaque chanson étant une goutte d’eau de trop dans le vase. On en vient, presque, à regretter les Destiny’s Child…
Joana Auclair

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